Avec des prix désignés à leur nom, sept éminents journalistes des années passées sont honorés par le Concours canadien de journalisme

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TORONTO, le 2 mai 2019 – Avec des prix désignés à leur nom, sept éminents journalistes des années passées sont honorés par le Concours canadien de journalisme.

Aux noms de Norman Webster et du regretté Claude Ryan qui ont été associés à des prix en 2018, s’ajoutent cette année les noms de cinq autres personnes : George Brown, John Wesley Dafoe, E. Cora Hind, Bob Levin et William Southam. Grâce à des commandites privées, ces prix désignés en hommage à ces personnalités seront décernés le vendredi 3 mai, alors que le monde des médias se réunira pour la présentation du Concours canadien de journalisme de 2018.

Voici la liste des prix désignés en hommage :

 

Prix George Brown pour grande enquête
Commandité par le Globe and Mail

L’un des rôles du journalisme est d’affliger les satisfaits, et c’est certainement ce qu’a fait George Brown (1818-1880). Il a créé le Globe en 1844 pratiquement dans le but d’affliger le gouverneur général de l’époque, qui, infatué de sa personne, avait nommé des ministres et fonctionnaires sans s’assurer que ces nominations avaient l’appui des élus de l’Assemblée. Pour George Brown, il valait la peine de lutter pour l’équité et le respect des principes constitutionnels. Un biographe a écrit que sous l’égide de George Brown, le Globe avait porté des accusations de corruption et de fourberie à une époque de moralité politique douteuse et qu’il les avait appuyées avec des preuves solides. Ce prix rend hommage au journalisme d’enquête exceptionnel, celui qui aurait rendu George Brown fier de son pouvoir d’affliger les satisfaits.

 

Prix John Wesley Dafoe pour la politique
Commandité par Ron Stern

En 1886, le fils d’un bûcheron de l’arrière-pays ontarien est arrivé dans les prairies afin de travailler pour ce qui était alors le Manitoba Free Press. C’est ainsi que John W. Dafoe a commencé à gravir les échelons qui feront de lui non seulement le rédacteur en chef du Free Press durant plusieurs années, mais aussi la personne qui a été reconnue comme le plus grand journaliste de son temps. John W. Dafoe (1866-1944) a été rédacteur en chef du Winnipeg Free Press de 1901 jusqu’à sa mort en 1944. Au cours de son remarquable mandat, le Free Press a été considéré comme l’un des grands journaux dans le monde, et les écrits de John W. Dafoe étaient soigneusement lus dans les officines du pouvoir. Il a fait partie de la délégation canadienne à la conférence de paix de Versailles, a été chancelier de l’Université du Manitoba et a publié des ouvrages sur Wilfrid Laurier et Clifford Sifton.

 

Prix E. Cora Hind pour le journalisme spécialisé
Commandité par le Nellie McClung Heritage Site

E. Cora Hind (1861-1942) a été une pionnière dans les annales du journalisme canadien. Mais son illustre carrière aurait bien pu ne jamais commencer en raison de son sexe. Sa première démarche, en 1882, auprès du Manitoba Free Press a été refusée parce que la salle de rédaction «n’était pas la place pour une femme sans expérience dans le journalisme». Ne se laissant pas décourager, elle est revenue à la charge en soumettant un article qui a été publié sans mentionner qu’elle en était l’auteure. Enfin, les portes du Free Press s’étaient ouvertes à elle, qui est devenue renommée pour sa couverture du secteur agricole. Mais la contribution de E. Cora Hind, qui est devenue la première présidente du Canadian Women’s Press Club, ne s’est pas limitée au journalisme. Elle a aussi participé à la lutte pour le droit des votes des femmes, aux côtés entre autres de Nellie McClung au sein du mouvement des suffragettes.

 

Prix Bob Levin pour le reportage bref
Commandité par le Globe and Mail

Bob Levin (1953-2019) était un véritable réviseur de rédaction et les reportages brefs étaient sa spécialité. Il comprenait non seulement la puissance d’une histoire qu’on raconte, mais aussi la nuance du choix de chacun des mots et l’élégance du rythme et de la structure. Auteur accompli lui-même, il savait trouver une tournure de phrase superbe, mais respectait toujours le rédacteur en évitant d’imposer des changements. Réservé, attentif et avisé, Bob Levin était le genre de réviseur que tout journaliste souhaite : quelqu’un qui peut vous aider à trouver une expression pour votre article, dans un ton que n’aviez jamais pensé imaginer. Un rédacteur qui a travaillé avec lui a dit que Bob Levin pratiquait la révision avec la finesse d’un chirurgien et la touche subtile d’un poète.

 

Prix Claude Ryan pour la rédaction éditoriale
Commandité par la famille Ryan

Vous vous souvenez peut-être mieux de Claude Ryan (1925-2004) à la tête du Parti libéral du Québec, notamment lors du référendum de 1980 sur la souveraineté du Québec. Mais son impact fut tout aussi important dans le monde du journalisme où il a débuté comme éditorialiste pour Le Devoir en 1962, avant de devenir le directeur du journal deux ans plus tard. Il y a gagné de nombreux prix, dont le Concours canadien de journalisme en 1964, mais y a surtout exercé une influence qui dépassait largement le cadre du journal pour lequel il écrivait. Après sa carrière politique, M. Ryan a été professeur d’études catholiques à l’Université McGill et auteur prolifique d’ouvrages sur le Québec, la religion et la société. Il est mort en 2004 et a laisse le souvenir d’un homme engagé, généreux, intègre et rigoureux.

 

Prix William Southam pour le reportage élaboré
Commandité par les familles Fisher, Bowen et Balfour

William Southam (1843-1932) a été un éditeur de journaux et philanthrope canadien. Après avoir acheté le Hamilton Spectator en 1877, il a constitué l’entreprise familiale en société en 1903 pour créer Southam Ltd avec ses six fils. Le groupe possédait également les Ottawa Citizen, Calgary Herald, Edmonton Journal, Winnipeg Tribune, Windsor Star et Montreal Gazette. William Southam a déjà dit que pour réussi en affaires, «l’une des choses les plus essentielles pour un homme est de maîtriser les détails de l’entreprise dans laquelle il se lance. Alors, s’il est travaillant, studieux et qu’il obéit aux règles élémentaires d’une bonne vie, il est somme toute probable qu’il pourra juger que sa carrière a été une réussite quand elle sera terminée.»

 

Prix Norman Webster pour pour les reportages internationaux
Commandité par la famille Webster

Derrière son attitude réfléchie, Norman Webster a toujours été un compétiteur féroce – en tant que joueur de hockey, triathlète ou journaliste. De retour d’une bourse d’études Rhodes à Oxford, il a commencé sa carrière aux affaires policières de nuit au Globe and Mail, puis a travaillé aux bureaux du Globe de Québec et d’Ottawa et comme rédacteur en chef du Globe Magazine avant d’être assigné au poste de correspondant à Beijing. En 1971, la « diplomatie ping-pong » a tout change, et Norman a surpassé tous ses concurrents avec des reportages et des photos de cette percée surprenante. Il a remporté le CCJ pour le reportage international et est devenu correspondant à Londres avant de devenir rédacteur en chef du Globe et de la Gazette de Montréal. Il habite aujourd’hui à Sainte-Catherine-de-Hatley, au Québec.