En mémoire de Bryan Cantley

Bryan Cantley, 1946-2013 : «Quand retrouverons-nous son pareil ?»

C’est avec tristesse que nous annonçons le décès de Bryan Cantley, qui a longtemps été secrétaire général du Concours canadien de journalisme.

Bryan a été l’ami d’un nombre incalculable de journalistes canadiens, étudiants, reporters débutants et cadres supérieurs, durant plus de 30 ans.

Au début du mois, Bryan a reçu l’une des plus hautes distinctions du Canada pour service rendu au journalisme, le prix spécial Michener-Baxter pour «l’engagement et les services éminents rendus au journalisme canadien et à l’industrie canadienne de la presse». Le prix a été remis par le gouverneur général David Johnston à Ottawa.

«Bryan a fait preuve d’un dévouement complet et total envers les journaux canadiens», a affirmé Scott White, président du conseil des gouverneurs du Concours canadien de journalisme. «Il croyait en l’information et à la façon dont elle contribue à façonner une meilleure société démocratique. Il a été témoin de profonds changements au sein de l’industrie de la presse au cours de sa carrière, mais il n’a jamais perdu de vue le besoin de viser l’excellence dans la pratique du journalisme quotidien.»

Originaire de Montréal, Bryan a passé ses années de formation à Red Rock, Ont. Il a travaillé dans les journaux de la région de Toronto durant 10 ans, particulièrement comme directeur de l’information, avant de se joindre à l’Association canadienne des quotidiens (aujourd’hui Journaux canadiens) en 1981 à titre de directeur des services de rédaction.

En 26 ans auprès de l’organisation, il a eu une influence énorme sur le journalisme canadien grâce aux sessions de formation qu’il a organisées et dirigées de même que par son rôle de secrétaire général du Concours canadien de journalisme. Parmi ses initiatives, on compte la création en 1999 de l’Association canadienne des cadres de rédaction, qui a remplacé la Conférence canadienne des directeurs de l’information et élargi son mandat afin d’inclure un plus grand nombre de participants de tous les niveaux.

Quand Bryan a pris sa retraite en 2007, les éditeurs et dirigeants de l’industrie de la presse lui ont rendu hommage lors d’un dîner en marge de la conférence annuelle des Journaux canadiens. Clark Davey, qui a travaillé comme éditeur du Ottawa Citizen et directeur de l’information du Globe and Mail au cours d’une longue et prestigieuse carrière, a dit de Bryan qu’il était «le remarquable dépositaire de la mémoire institutionnelle de cet art inclassable que nous appelons le journalisme» et il a ajouté : «Quand retrouverons-nous son pareil ?» Plusieurs autres orateurs ont dit de Bryan qu’il avait été un mentor hors pair.

Lors de cette soirée, une caricature d’Aislin de la Montreal Gazette a été remise à Bryan, un partisan de longue date des Canadiens de Montréal. Elle le représente déchirant sa chemise sous laquelle apparaît le chandail des Canadiens.

Après sa retraite, Bryan est demeuré à la barre du CCJ, qu’il avait rajeuni et élargi depuis sa nomination au poste de secrétaire général en 1989. Bryan croyait fermement que le CCJ devait être vraiment national. Il a encouragé une plus grande participation et a consacré d’énormes efforts pour trouver des juges de talent et d’expérience ayant une passion pour le journalisme de qualité.

«On pouvait reconnaître sa contribution lorsque des journalistes abordaient Bryan pour le remercier de les avoir encouragés à perfectionner leurs compétences et à déployer de meilleurs efforts pour remplir leur devoir de rapporter l’information, a dit Stuart Robertson, un avocat spécialiste des médias qui a aussi été secrétaire-trésorier du CCJ. Son engagement pour l’excellence en journalisme était contagieux.»
Ces dernières années, Bryan avait contribué à superviser de nombreux changements au CCJ qui ont ouvert la porte à la participation des publications en ligne au même titre que les journaux.

Il a aussi été directeur général de l’association des journalistes du Commonwealth, aidant à promouvoir la formation journalistique dans les pays les plus démunis du Commonwealth, jusqu’à sa retraite à ce poste l’an dernier. Il a œuvré au sein du secteur canadien de l’International Press Institute et comme administrateur pour les Prix commémoratifs Edward Goff Penny destinés aux jeunes journalistes.
Diplômé en 1969 de l’université Ryerson, Bryan a été l’un des membres fondateurs et le trésorier de la Ryerson Journalism Alumni Association. Il a aussi été l’organisateur et le principal animateur de Wordstock, un atelier fort populaire de formation journalistique. Il a été honoré du Ryerson Alumni Achievement Award en 2007.

Bryan a appris en mai qu’il souffrait d’un cancer du pancréas. Il n’a pas été en mesure d’assister au gala du CCJ cette année à Ottawa, mais ses conseils appuyés par son expérience de direction du concours durant trois décennies ont contribué à assurer une fois de plus le succès de cet événement en l’honneur de l’excellence journalistique au Canada.

Bryan, qui avait 67 ans, laisse dans le deuil son épouse, Eleanor, ses parents, trois frères et sœur et leurs conjoints, et cinq neveux et nièces.