Journalistes de l’année 2021 : Améli Pineda et Magdaline Boutros

Améli Pineda and Magdaline Boutros

Améli Pineda and Magdaline Boutros

Alors que la Covid-19 a continué de dominer les manchettes en 2021, Améli Pineda et Magdaline Boutros du journal Le Devoir ont braqué les projecteurs sur un autre fléau : la violence conjugale, une forme de terrorisme domestique qui s’est intensifiée durant la pandémie. Pour ce travail, elles ont été choisies corécipiendaires du prix de Journaliste de l’année du Concours canadien de journalisme.

Améli Pineda et Magdaline Boutros ont fait de la violence conjugale un champ d’intérêt particulier en mars 2021, après que sept femmes eurent été tuées par leur conjoint au Québec en moins de six semaines. Elles ont examiné plus de 100 dossiers d’hommes accusés de tentative de meurtre, de meurtre ou d’homicide involontaire contre leur conjointe ou ex-conjointe.

Leur travail a souligné à quel point il est difficile pour la société d’endiguer la violence conjugale et de protéger les femmes qui réclament de l’aide. Il y a une statistique significative dans leur analyse : même dans les cas qui impliquent les crimes les plus graves du Code criminel, incluant la tentative de meurtre, le quart des hommes accusés ont été libérés en attente de leur procès.

Dans des reportages, à la fois emphatiques et solidement documentés, Améli Pineda et Magdaline Boutros ont décrit la réalité de la violence conjugale. Elles ont gagné la confiance de jeunes adultes dont la mère a été tuée. Et elles ont révélé les lacunes des approches officielles : un système d’évaluation existant qui est rarement utilisé et dont les avertissements sont trop facilement ignorés.

Cette candidature, qui a en outre remporté la palme dans la catégorie du Journalisme spécialisé, a été sélectionnée parmi 15 candidatures gagnantes qu’ont évaluées les trois juges qui ont attribué le prix du Journaliste de l’année : Carolyn Abraham, Manon Cornellier et Satya Brata Das.

Les juges ont dit que les reportages remarquables du journal Le Devoir sur les féminicides et ses ramifications, particulièrement pour les enfants touchés, nous rappellent que pour plusieurs personnes vivre sans peur est un rêve hors d’atteinte. Ils ont dit que c’était là une éloquente démonstration de la capacité du journalisme d’exposer la vérité devant les personnes qui ont le pouvoir de changer la société afin de la rendre meilleure.

C’est la première fois depuis que le prix a été créé en 2014 qu’il a été décerné à deux journalistes. Seuls les gagnants individuels ou les équipes de deux personnes sont admissibles à cet honneur. Les sept Journalistes de l’année précédents – Bruce MacKinnon, Joanna Slater, Mark MacKinnon, Robyn Doolittle, Kevin Mitchell, Randy Richmond et Tom Cardoso – étaient des candidats individuels.